Vendredi 17 Décembre 2010
Lors de notre dernière rencontre du club, vendredi 17 décembre 2010, nous avons évoqué des cas cliniques, je vous en propose quelques-uns.
J’évoque le cas d’une jeune fille de 24 ans qui termine ses études en psychologie à Nice, elle vient pour quelques séances d'hypnose suite à une inquiétude tenace occasionnée par la fin de ses études. Elle est face à la question de la direction professionnelle à prendre, sera-t-elle capable de ? ou en est-elle capable ? Elle a très peur de cette hypnose parce qu’elle a déjà fait de la psychanalyse et qu’elle sortait de chaque séance plus mal qu’en y entrant, avec une boule dans le ventre.
Or, c'est une personne douée qui répond tranquillement aux suggestions hypnotiques. En retour de transe, elle se sent ″tellement plus légère comme si j'avais déposé toutes mes questions là et que j'avais plein de possibles devant moi″. Et elle observe son avant-bras gauche resté suspendu naturellement environ 15cm au dessus de l'accoudoir du fauteuil ! A la fin de la dernière séance, elle dira aussi être plus confiante dans ses compétences acquises durant ses études et prête à vivre une expérience professionnelle.
Claire évoque une autre expérience où l’hypnose conversationnelle se révèle bien utile pour aider un jeune garçon placé en institution et sa maman. Claire a tout essayé, notamment de changer le format des entretiens (le recevoir seul, avec sa maman ou la maman seule), mais la thérapie n’avance pas. Brusquement, une stratégie apprise en formation change tout, en aidant la maman : celle du thérapeute qui s’approprie la colère du patient. C’est ce que Claire fait : elle s’approprie la colère de cette maman en l’exagérant beaucoup, et c’est alors que la maman se sent comprise par le thérapeute. Une alliance de grande qualité se crée alors et la maman en vient à minimiser le problème, rassurant même le thérapeute. Le changement devient possible. La thérapie démarre enfin.
Au passage, Dominique Megglé rappelle combien il est souvent plus facile de traiter une personne dont le problème a été aggravé par des tentatives de traitement précédentes maladroites et inadaptées par d’autres thérapeutes que si celles-ci n’avaient pas eu lieu. Comme ces personnes vont plus mal, leur désir de s’en sortir est devenu une rage à s’en sortir, sur laquelle il est plus aisé de capitaliser.
Nous reparlons de cette dame venue dans le groupe actuellement en formation, groupe que Claire vient aider. Le groupe a du mal à voir que ce simple entretien était de l’hypnose. A cette dame qui avait eu un cancer du sein, avait souffert de la médecine et surtout des médecins, Dominique avait demandé de venir faire un cours aux praticiens présents sur ses démêlés avec les collègues qui s’étaient occupés d’elle. Ce simple « cours » l’a guérie d’une amertume qu’elle traînait depuis des mois. C’était une thérapie de groupe d’un genre particulier : douze thérapeutes pour une patiente. Donc double renversement paradoxal : une patiente écrasée par les médecins leur donne un cours, thérapeutes en nombre pour une seule patiente sans que ni l’une ni les autres se rendent compte qu’ils font de la thérapie. Et ce ne serait pas de l’hypnose ? D’ailleurs, la dame a fait plusieurs passages en transe pendant son « cours », que le groupe n’a pas remarqués.
Dominique nous parle alors de ce qu'il appelle ″le principe du sous-marin″! Pour distinguer parmi le flot d'informations reçues, la plus pertinente. En effet, avec ses appareils très performants, le sous-marin capte de nombreux bruits de toutes sortes, car la mer est très bruyante même à de grandes profondeurs, et il lui faut repérer le signal pertinent, celui qui le préviendra d'une éventuelle menace venant d’un mouvement de bateau ou signalant un tir de missile. Ce signal peut être très faible. Par leur puissance, ses moyens de détection lui compliquent la tâche car, avec eux, il entend trop de choses. Il lui faut faire taire la mer pour distinguer le signal pertinent. De même en thérapie, nos moyens techniques thérapeutiques sont de plus en plus performants et nous donnent toujours plus d'informations. Les patients eux-mêmes sont très bruyants et nous donnent trop d’informations. Cela devient très compliqué pour nous aussi. Donc, il faut ne pas s’attendre à trouver ce qui est pertinent pour eux dans ce qu’ils livrent de plus dramatique. Il faut les faire taire et on y va, tranquille, réceptif au plus discret. Ainsi, de cet obsessionnel qui décrit abondamment ses TOC, on apprend, au détour d’une phrase, qu’il a été musicien de jazz. Or, dans les jazz, on fait des improvisations... Dans un état de stress post-traumatique, changer la couleur des murs de la chambre où le viol a eu lieu peut suffire.
Toute l'équipe se joint à moi pour vous souhaiter un joyeux noël.
A bientôt au club du vendredi...
Vendredi 19 Novembre 2010
Au club du vendredi 19 de ce mois, certains nous ont manqué, d'autres étaient présents et le plaisir de se retrouver était évident. Ainsi, comme dans toute consultation qui se respecte
et selon Milton Erickson : un tiers du temps, nous avons fait de l'hypnose, un tiers du temps nous n'en avons pas fait, et le tiers du temps restant, nous ne savons pas ce que nous avons fait !
Catherine nous a rejoints, joyeuse et pleine d'entrain, évoquant quelques expériences professionnelles bien réelles avec les ados à Chalucet. On souhaite vraiment la retrouver souvent parmi nous !
Au clair de la lune, Dominique avait repris sa plume et, comme le beaujolais nouveau, ses prochains livres arrivent, très prometteurs ... Ils seront à consommer sans modération !
Vous qui pratiquez l'induction, la confusion, le saupoudrage, les suggestions indirectes thérapeutiques ou autres métaphores hypnotiques, venez en parler avec nous, venez-nous étonner le vendredi prochain 17 décembre confortablement installés à la
Ferrane, en toute simplicité !
A bientôt,
Nathalie.
Vendredi 22 Octobre 2010
Discussion à bâtons rompus du vendredi 22 octobre. Tout d'abord un grand merci à toi, Claudine, pour ton enthousiasme chaleureux ! Les thèmes abordés étaient variés. Quelques notes rapides.
La créativité du thérapeute ?... eh non, nous ne sommes pas des clones !
Toujours à l'écoute du patient, s'adapter et se laisser inspirer par celui-ci.
Lévitation et catalepsie : oui !, et aussi possibilité de lévitation hallucinée.
La curiosité ? Un bon moteur pour l'hypnose !
C'est vrai, certains phénomènes hypnotiques peuvent être intimidants pour le jeune thérapeute...
Attention ! Le patient peut vous fasciner par ses récits traumatisants, amusants ou autres.
Si le patient est sidéré par son propre récit, lui redonner rapidement la possibilité d'agir à nouveau.
Et puis pour terminer, sachez que l'hypnose commence lorsque l'on dit : Je ne sais pas...
Merci beaucoup à vous tous ! A bientôt ! Venez, nombreux, échanger avec nous. La
prochaine soirée a lieu le 19 novembre à Ollioules.
Nathalie. |