Vendredi 24 Juin 2011
Alors, le forum de Biarritz, c'était comment ?
Eh bien, environ 700 personnes intéressées par ce 7ème forum CFHTB, sur le thème de la Mixité thérapeutique. Avec pour invité d'honneur, Joël de Rosnay, scientifique, biologiste, auteur du livre : Et l'Homme créa la vie. Il a exposé une photo étonnante, en couleur, qui semblait représenter de l'imagerie neuronale du cerveau. En fait, c'était la représentation d'internet dans le monde ! Surprenant, non ! Tout un débat possible !
De nombreux intervenants se trouvaient réunis et Dominique a trouvé particulièrement brillant l'exposé de Claude Virot, ainsi que la prestation de Patrick Bellet qui invitait à une « hypnose végétale », ou l'art qu’a la nature de nous hypnotiser. Patrick a hypnotisé les 700 personnes ! Riche en analogies : tout ce que les arbres, les plantes et les montagnes nous apportent en restant à leur place, sans bouger !
Et puis Dominique a, lui aussi, présenté ses réflexions sur la mixité thérapeutique, conférence à lire tranquillement dans le dernier numéro de la revue Hypnose et Thérapies brèves. Dominique évoque en introduction son quotidien de médecin du lundi au vendredi, comment il cherche à s'adapter à chaque situation, en utilisant des outils variés. Un brin provocateur, il a affirmé qu’un thérapeute pouvait faire de tout sérieusement, énumérant sans vergogne psychanalyse, thérapie familiale, Gestalt, EMDR, TCC, Hypnose. Il cite Watzalawick : « Il vaut mieux que la thérapeute soit caméléon que rocher de Gibraltar ».
Il en vient ensuite à savoir si le thérapeute doit culpabiliser lorsqu'il prescrit un antidépresseur à son patient. Dominique argumente, avec humour, dans le sens du pragmatisme. Comme la thérapie marche et les antidépresseurs aussi, et que nous ne savons pas, ni pour l’une ni pour les autres comment ils marchent, pourquoi se priver de l’une ou des autres, pourquoi se priver de les associer ?
Il y aurait encore des tas de choses à vous raconter, et – bonne nouvelle - sachez que les derniers livres de Dominique Megglé sont parus chez Satas. Ils sont diffusés en France par Vigot/Maloine. Vous les trouvez chez Amazon ou Alapage. Il s’agit de :
- Douze Conférences sur l’hypnose, la thérapie brève et les sangliers
- Les Thérapies brèves
Le premier est un recueil organisé de douze conférences données entre 2003 et 2009 qui montre son élaboration progressive de la thérapie brève réaliste. Le second est une nouvelle édition complètement revue et augmentée de son ouvrage de 1990, qui est une référence dans le domaine. La nouvelle édition développe particulièrement les TCC, les thérapies solutionniste, stratégique brève, l’EMDR, Cyrulnik et Roustang et s’attache à dégager les grandes dynamiques actuelles du mouvement des thérapies brèves.
Bonnes vacances hypnotiques à vous tous, je serai heureuse de vous retrouver à la rentrée !
Nathalie
Vendredi 20 Mai 2011
Bonjour à vous tous,
Voici un aperçu de notre discussion à bâtons rompus du 20 mai, autour de délicieuses noix de cajou que Claudine nous a gentiment offertes...
Tout a commencé par quelques mots sur la prescription des antidépresseurs. Dominique pose la question : le thérapeute doit-il avoir mauvaise conscience parce qu'il a prescrit un antidépresseur ? Cela nous rappelle le rendez vous à Biarritz sur la mixité thérapeutique où nous souhaitons vous retrouver nombreux !
Claudine évoque le cas d'une patiente anorexique de 40 ans que lui envoie un généraliste. Celle-ci est impressionnante de maigreur, a vu tous les médecins des alentours et les a mis en échec ! Claudine lui fait une belle métaphore qui parle d'un canard sauvage pris dans les glaces d'un plan d'eau : il a froid, ne se nourrit plus et n'a pas la force de s'envoler avec les autres en migration !
Elle demande à sa patiente : « Que pourriez vous faire pour lui ? » Réponse : « Je lui donne à manger !» Quelques jours après, Claudine apprend que cette patiente a accepté l'hospitalisation. Dans ce genre de situation, on peut aussi glisser en y mettant bien le ton : « De toutes les façons, vous savez très bien ce que vous avez à faire, ce n'est pas la peine que je perde mon temps avec ça, vous savez très bien ce que vous avez à faire pour aller mieux, et je ne sais pas si vous allez choisir de le faire demain ou juste après cette séance en rentrant chez vous..., c'est vous la professionnelle, vous êtes bien plus calée que moi dans cette affaire ! »
Puis Catherine nous parle d'une fille de 12 ans en refus scolaire Rien sur le plan psychiatrique, l'enjeu semble être l'opposition. Elle ballade un peu l'équipe en lui donnant des pistes sans consistance. Et l'opposition ne cède pas. L'équipe évoque alors la possibilité qu’elle se retrouve devant un juge qui la placera. La jeune patiente y semble sensible ... à suivre...
Et puis je suis allée au Lac de Sainte Croix. En voyant des kayakistes, j'ai pensé à l'expérience si courageuse de Milton en raid solitaire en canoë ! A l'issue de sa rééducation, alors qu'il est encore faible particulièrement des membres inférieurs, il se fixe un défi à travers les fleuves et rivières du Middle West ! Cette épopée, Dominique nous la raconte dans un de ses livres. Et l'on découvre comment Milton continue à exercer son talent pour la communication indirecte.
Notre dernière rencontre avant les vacances aura lieu le vendredi 17 juin. A bientôt et bonne pratique à vous tous !
Nathalie.
Vendredi 25 Mars 2011
Chers amis, bonsoir, voici quelques échanges retenus lors de nos discussions à bâtons rompus de vendredi soir dernier.
Certains nous ont fait part de questionnements quant à la fréquence et au nombre des séances à fixer avec le patient en fin de premier rendez-vous. Quand il commence, Dominique annonce au patient : « Prenez trois, quatre rendez-vous et on verra si on fait plus ou si on fait moins » Restons flous, en impliquant que ça va être bref.
Ensuite, j'ai parlé de ces moments embarrassants que l'on connaît tous, à savoir lorsque nous nous sentons peu créatifs voir carrément nuls, n'ayons pas peur des mots ! Ces fois ou nous ne comprenons plus rien ou nous n'y voyons plus rien. Dominique parle de la « tache aveugle » de l’œil.
La « tache aveugle » est l'endroit où le nerf optique arrive dans l'œil. A cet endroit précis, l’œil ne voit rien car il est dépourvu de photorécepteurs. Il faut bien que le nerf optique arrive quelque part ! Ensuite, le nerf se distribue dans toute la rétine pour innerver les photorécepteurs. Et donc me permettre de voir Donc, de ne rien voir rien à un endroit, c’est ce qui permet de voir partout ailleurs.
Et aussi : attendre... Le patient nous donnera l'information utile pour lui à un moment ou à un autre. C’est sûr. Par exemple en thérapie brève, ce couple divorcé qui vient consulter pour leur fille de 8 ans en difficultés scolaires. Les parents n'arrivent pas à communiquer sans se contredire, l'atmosphère est pleine d'agressivité. Je suis un peu dépassée, silencieuse, et soudain la petite fille les regarde et dit : « Je veux que vous sortiez tout les deux, je veux rester seule avec elle. »
Ils sortent, et tout redevient simple. Nous discutons toutes les deux de choses et d'autres. Je lui parle de mes enfants plus âgés qu'elle et je lui raconte comment ma dernière fille a connu des passages de difficultés scolaires, comment cela s'est arrangé et qu’elle finit des études à Paris. Cela l'intéresse beaucoup...
Bon weekend à vous, et rendez vous vendredi 15 avril prochain pour d'autres sujets à discuter !
Nathalie.
Vendredi 25 Février 2011
Bonjour à vous tous ! Et merci à ceux qui étaient présents vendredi 25 février au Club.
La discussion a commencé par quelques échanges sur les traitements médicamenteux utilisés à l'hôpital dans les services de psychiatrie. Catherine Rascle, pédopsychiatre, formée à l’hypnose, nous a parlé du test au Stilnox qui est utilisé s'il y a doute de catatonie et qui permet aux patients d’exprimer plus facilement leur délire s’ils en ont un. Et on les réveille de leur catatonie avec des benzodiazépines (Témesta) à hautes doses ! Quel paradoxe ! Les épisodes catatoniques, qu’on retrouve dans la schizophrénie, la mélancolie et l’hystérie, semblent bien nous montrer comme le patient utilise les phénomènes hypnotiques de manière pathologique à des fins affectives déréglées, explique Dominique.
Exemples : Cette jeune fille, mutique depuis des années, qui ne parle plus qu'à son petit frère pour attirer l'attention de sa mère ! Dominique raconte l’histoire de cette hystérique qui fait conversions sur conversions (catatonies, amnésies) et à qui il dit : « C'est vous la championne de l'hypnose, servez-vous en, comme vous l’entendez, pour régler votre affaire ! ». Ce qu’elle fait avec succès.
Et puis d'autres cas cliniques comme Mme D., patiente très tendue qui consulte pour relâcher ses tensions et ses peurs face aux relations professionnelles. A sa 2eme séance, elle raconte comme elle s'est sentie « bizarrement sereine après la 1ere séance... une nouvelle sensation agréable que je ne connaissais pas.»
Une autre patiente vient parce qu'elle va repasser la mise en situation professionnelle qu’elle vient de rater. Or, cet examen est indispensable pour obtenir le diplôme d'infirmière et elle est en grande difficulté face à la pratique des soins ! Elle est terrorisée et convaincue qu’elle va le rater à nouveau. Lors de la 4eme séance, en hypnose, la thérapeute (moi) lui fait reprendre, séquence par séquence, le soin qu'elle n'arrive pas à effectuer. En hypnose, elle le fait tranquillement, avec succès. Quelques jours plus tard, lors de son examen, elle le réussit parfaitement et obtient son diplôme.
Encore : ce jeune garçon de 7 1/2 ans qui persiste dans son énurésie depuis des années. Parmi les possibilités, nous évoquons deux méthodes dont l'une fut utilisée par M. Erickson lui-même. Il dit au gosse : « Je sais que tes parents veulent que tu arrêtes de faire pipi dans ton lit, mais ils n'y comprennent rien : ils ne savent pas que tu n'y arriveras sûrement pas avant tes 8 ans ! » Le défi ! Autre méthode : le virage à 180° utilisé par Yves Doutrelugne : le thérapeute jusque là en échec change radicalement de position ; il arrête de chercher des arguments pour que le gosse arrête de pisser au lit ; il n’emboîte plus le pas aux parents ; il fait exactement le contraire, mais en y mettant une grosse charge de défi : « Oh ! Ton pipi, c'est juste un tout petit pipi de rien du tout ; t'es juste un tout petit pisseur de rien du tout ! Tu n’es même pas capable de faire un vrai pipi au lit, un bon bien gros, normal quoi !» On imagine la surprise du gosse.
Voilà, chers amis, un petit aperçu de nos échanges et nous souhaitons vous
retrouver encore plus nombreux le prochain vendredi 25 mars à 18h 30 à
Ollioules !
Salut,
Nathalie.
Vendredi 28 Janvier 2011
La grippe a eu raison du Club de ce mois. |