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| BILLET DE CHLORATE OCTOBRE 2002 Les ours. Bien loin d'ici, il y a des ours. Autrefois, il y en avait plein les forêts. Maintenant, il y en a moins. C'est dommage parce que ces bêtes sont attachantes. Elles sont grosses et elles aiment le miel. Il y a moins de miel aussi parce qu'il y a moins d'abeilles. C'est peut-être la raison pour laquelle il y a moins d'ours, à moins qu'il y ait moins d'abeilles parce qu'il y a moins d'ours ou à moins que ce soit parce qu'il y a moins de forêts, donc moins d'arbres, donc moins de trous dans les arbres pour que les abeilles y mettent le miel que les ours vont chercher. Mais ce n'est pas parce qu'il y a moins de miel qu'il y a moins d'abeilles. Vous voyez, on ne sait pas vraiment. C'est un peu compliqué, la nature. En tout cas, les mamans ourses sont de bonnes mamans, de vraiment bonnes mamans, les meilleures mamans de toutes les races animales, humaine comprise. Il n'y a personne comme elles pour s'occuper nuit et jour de leurs petits. Ne vous approchez pas d'elles à ce moment-là, car vous pourriez bien être mangés. Elles n'aimeraient pas vous manger, car elles ne vous trouvent pas bon goût (elles préfèrent le miel), mais elles le feront par devoir, pour protéger leurs petits. Et cela dure comme ça un bon bout de temps. Et puis, un jour de printemps, quand ses petits ont, disons, deux ou trois ans (je ne sais pas vraiment), maman ourse part avec eux pour une longue balade dans la forêt. Elle va très profondément dans la grande forêt sombre. Elle choisit ensuite un gros arbre. Elle y fait monter ses petits bien haut. Et quand ils sont installés sur une branche bien haut, elle en redescend toute seule, si vite que les petits n'ont pas le temps de la voir partir ni de la rattraper. C'est un point auquel elle fait très attention. Elles les laisse là, tout seuls, au fond de la grande forêt sombre. Le soir est déjà là et il fait frais. A eux de se débrouiller. Maman ourse ne reverra jamais plus ses petits, ni les petits leur mère. De toute la vie. J'ai connu un monsieur qui était souvent triste. Quand il était triste, il faisait tout le temps le même rêve : un gros ours s'approchait de lui, se dressait sur ses pattes arrière, sortait les canines et les griffes, qu'il avait énormes. Juste avant que l'ours ne s'abatte sur lui, il se réveillait terrorisé et en sueurs. Il comprenait que l'ours n'était pas content mais c'était tout, et il restait là, seul et apeuré. Le temps a passé jusqu'à ce qu'il décide de se débarrasser du gros ours. Il a décidé de faire de l'hypnose pour ça. Par une action en profondeur dans sa tête, il serait sûrement débarrassé du gros ours. On le lui extrairait du crâne par l'hypnose. Voilà ce qu'il se disait. Il est entré en hypnose. Il était très bien. Il y avait une agréable brume apaisante. La brume s'est dissipée. Alors, il a vu un gros ours souriant qui lui faisait un clin d'oeil malicieux et il s'est senti extraordinairement bien, comme jamais depuis de très longues années. |
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