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BILLET DE CHLORATE DU MOIS DE JUIN 2003
Le petit reporter de la Note Bleue

Ils l'ont fait ! A leur congrès de Sanary, ils étaient 300 et ils avaient l'air de bien s'amuser, moi aussi d'ailleurs mais pas pour les mêmes raisons.

Le premier jour a été celui des émotions. Il y eut d'abord le coup de poing dans l'estomac de la conférence de Reitter, quand il évoquait les morceaux de corps des charniers du Kosovo et la difficulté à traiter les petites filles qui avaient été obligées d'assister à l'exécution de leurs pères et leurs frères par les milices d'Arkan. Ensuite, Piccard leur a fait une thérapie collective par le rire et ils se sont tous sentis mieux, prêts pour aller déjeuner à Bandol dans la joie et la bonne humeur. Dans leurs cars, ils rêvaient en longeant la plage. Ceux qui étaient au déjeuner (260) ont fait connaissance entre eux. Les quarante autres, qui avaient préféré aller à la plage pendant ce temps, ont accueilli les premiers à leur retour avec des grimaces parce qu'ils avaient plus d'une heure de retard, et le Megglé a un moment viré au violet.

Heureusement, la séance consacrée à " La thérapie du quotidien ", avec Auger, Puichaud, Virot et Halfon, a ramené une ambiance paisiblement studieuse et tout ce monde a apprécié le cocktail offert par la municipalité de Sanary le soir. Et moi, toute la journée, j'étais là, je me baladais, on regardait mon badge avec curiosité, on n'osait pas m'adresser la parole. Ils sont respectueux.

J'espère que François Roustang a été heureux de la matinée qui lui a été consacrée le deuxième jour. C'est lui-même qui a ouvert la séance avec sa clarté habituelle et l'hôte du forum lui a répondu en essayant d'être poli, mais le Megglé a un peu trop joué au " littéraire -philosophe qui méprise la psychologie ". Ensuite, il y eut du contraste entre les interventions structurées de Benhaïem et Villien et la totale improvisation de Bardot. L'après-midi, pas de retard : à 14 h, ils étaient tous essaimés entre huit activités parallèles : communications, ateliers et tables rondes ; à 16 h 30, ils remettaient ça : encore huit activités parallèles. Inutile de vous dire que beaucoup sont passés à la douche (ou à la mer) avant d'aller danser le soir.

C'était grand genre que ce buffet dînatoire et que cet orchestre. Les organisateurs avaient déniché le Phoenix Jazz Band. Quand on est adepte d'un type qui habitait Phoenix, Arizona, cela ne pouvait se rater. L'orchestre est dirigé par M. Dionisi, ancien musicien de Duke Ellington. Vous voyez le style. Beaucoup ont dansé, plus de femmes que d'hommes. Les hommes préfèrent souvent la théorie. Mais il ne faut pas que j'oublie de vous raconter que le maire de Sanary leur a fait un one man show époustouflant : il s'est trompé de carrière, cet homme-là (c'est un dentiste et homme politique). Il aurait dû faire comique. Un potier est aussi entré dans la salle pour offrir l'une des oeuvres, un grand plat émaillé, à François Roustang de la part de la Confédération. Le secret avait été bien gardé, la surprise complète, mais je ne sais qui, du potier ou de François Roustang, était le plus ému. Benhaïem faisait la photo. Et moi, toute la journée, j'étais là, je me baladais, on regardait mon badge avec curiosité, on n'osait pas m'adresser la parole. Ils sont vraiment très respectueux.

Le dernier jour a commencé par une conférence magistrale de Betbeze sur René Girard, trop peu connu des thérapeutes éricksoniens. C'était une bonne occasion de le faire connaître. Betbeze a bien parlé. Ensuite à nouveau et pour le reste de la journée, à nouveau des communications, des ateliers et des tables rondes. Au total : 41 communications et 18 ateliers. Pas mal, non ? Je retiens surtout trois thèmes de communications, celles consacrées à la douleur et à l'anesthésie, celles consacrées à l'enfant et celles consacrées à l'utilisation de la provocation et de la colère en thérapie.

Enfin, à 16 h 30, après beaucoup aient attendu que ceux qui faisaient du taï-chi-chuan sur la scène aient terminé, Megglé est monté sur cette même scène pour annoncer que le forum était terminé et que tout ce petit monde pourrait se revoir, augmenté en nombre, à Saint-Malo en 2005 pour le IV° Forum. En présentant le Président suivant de la Confédération Francophone d'Hypnose et de Thérapies Brèves, le très estimé et très honorable Dr Claude Virot, l'hôte de ces lieux ne cachait pas sa joie de ne plus être Président de cette même Confédération. Il aurait pu être plus discret. Ce n'était gentil ni pour les participants ni pour son successeur. Et moi, toute la journée, je m'étais baladé en anonyme, sans mon badge, et j'avais enfin pu parler avec certains. J'aurais dû refuser de le porter depuis le début, mais c'était une expérience marrante.

PS : nous nous reverrons en septembre
 
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