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| BILLET DE CHLORATE DU MOIS DE MARS 2003 Petites joies du printemps Le printemps, c'est l'explosion des bourgeons, et pas seulement des bourgeons. La nature a sommeillé pendant des mois, transie sous sa couette. Et voilà que ça se réchauffe. Alors, la sève monte. Des fois, tout se passe comme si elle montait trop vite. Des fois, les moteurs de la nature chauffent trop, et ça pète. Je ne plaisante pas. Les mammifères eux-mêmes sont touchés par le problème. Mars est le mois où le primate humain consulte plus le psychiatre. Il est sous pression. S'il ne trouve pas quelqu'un pour lui enlever la soupape, psychiatre ou autre, le pire est à craindre. Il y a le pire du pire. Quand, au printemps, plusieurs primates humains en ébullition sous leurs calottes crâniennes font un brain storming, c'est vraiment le pire du pire. Soit ils s'entretuent, soit ils vont faire un massacre. Ils n'y peuvent rien : c'est leurs hormones (nom donné à la sève chez ces primates) qui sont responsables. Bref, c'est le printemps, moment dangereux. Malheureusement, personne ne peut rien y faire. D'une part, on n'a pas encore trouvé laquelle des glandes de la bête surchauffe. Voilà pourquoi il est inutile de rêver à une bonne petite castration : rien n'assurerait du résultat. D'autre part, le primate humain en ébullition printanière ne se rend pas compte qu'il est malade et ne voit pas du tout pourquoi il se soignerait. Il considère que ce sont les autres qui sont des fous criminels. Si jamais vous en rencontrez un, je vous assure de ma compassion. Vous saurez alors ce qu'est le délire paranoïaque. Le pire du pire du pire est que le paranoïaque a raison, car s'il veut me tuer, alors là, pour le coup, c'est moi qui ai un problème, et un gros. Qui a le problème en effet, le fou qui poursuit un type normal avec un couteau, ou le type normal poursuivi par le fou ? Ce sont les petites joies du printemps. Faut-il pour autant éteindre sa télévision ? |
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